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| Le
musicien, ou lindustrie des petites galettes...au beurre |
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Oui, de nombreux
musiciens résistent à l’exigence de
la production musicale d’aujourd’hui qui dit : “pour être
diffusé, cherchez à plaire au plus grand nombre, sinon, restez
dans votre garage et amusez-vous bien!”.
Au regard de cette affirmation, il ne s’agirait donc plus d’arranger
la musique pour qu’elle réponde à nos critères
de musiciens, mais de s’arranger pour “répondre à la
demande”.
Répondre à la demande, c’est accepter qu’un artiste
n’existe pas tant qu’il n’a pas été fabriqué par
l’industrie de la petite galette : car la prétention affichée
des multinationales du disque est bien de fabriquer les artistes...Normal,
puisque le produit fini est purement marketing, et qu’il importe
plus que tout qu’il soit bien vendu... 
Un contenu sans importance, un emballage flatteur, un produit finalement “vite
fabriqué-vite consommé” répondant uniquement
aux critères vendeurs du moment.
Triste vision de la création que ces artistes standardisés...une
standardisation qui initie pourtant lentement la destruction de la culture
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| Pensez
multinationale, écoutez contestataire. |
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Soucieux
toutefois de montrer que cette logique appartient à un Universain,
l’idéal industriel tente de dénicher quelques
contestataires et leur permet de s’exprimer : ils savent, bien
entendu, qu’aucune musique ne peut briser les murs épais
de la grosse machinerie commerciale dans laquelle ils les enferment.
Ainsi, en guise de leurre, de "beurre", on donne la parole à quelques
artistes qui dénoncent le système dans lequel ils finissent
par baigner avec cynisme.
Ils dénoncent les multinationales qui font travailler les enfants,
fabriquant pour quelques misérables pièces les T-Shirts
et les baskets branchées...de leurs auditeurs. L’artiste
lui-même est d’ailleurs souvent habillé “multinationale-trash”.
Mais c’est le leurre de liberté qui compte...l’image
du contestataire.
Vivons “multinationale”, mangeons “multinationale”,
habillons-nous “multinationale”, pensons “multinationale”,
mais écoutons contestataire... |
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| Alter
ego |
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Les leurres
et les produits “marketing” ayant ainsi accaparé un
large public, le mouvement alternatif a abandonné l’idée
de s’adresser à un public : il s’adresse don c...à lui-même,
espérant que l’alternative plaira aux alternatifs. Et
nous sommes admirables en ce sens, c’est que nous ne cherchons
pas à plaire au plus grand nombre, mais au plus grand nombre
d’alternatifs..ce qui en soi revient à reproduire à petite échelle
un schéma auquel nous avions renoncé. |
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| Composition
= Long |
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Mais nous
baignons dans un univers où “création” rime
avec “communication”. Pas de place, donc, pour “réflexion”, “méditation”, “maturation”...“composition”.
L’intérêt est aujourd’hui focalisé sur
celui qui achète la musique, et pas sur celui qui l’écoute,
le compositeur devant se mettre au service des goûts les plus
répandus de l’idéal industriel.
C’est ainsi en voulant toucher le maximum de gens que nous finissons
par totalement dénaturer ce que nous produisons. Pire encore,
nous détruisons notre propre nature et par là-même
la fonction première de la musique, qui n’est certainement
pas d’être un produit de divertissement créé et
géré par des sourds aux fins purement mercantiles. |
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